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Privatisation de l’aéroport de Lyon à la rentrée 2016.

Aeroport-de-Lyon-Saint-Exupery

Lyon Saint-Exupéry

Après l’aéroport de Toulouse, ce sera au tour d’Aéroports de Lyon d’être privatisé. Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, a annoncé lundi aux collectivités locales, lors d’une réunion à Paris, la décision de l’Etat de céder la majorité du capital du troisième aéroport de France courant 2016, concomitamment ou juste après celle de l’aéroport de Nice, également candidat à une privatisation en 2016.

Bercy n’a pas donné beaucoup de détails sur les modalités de l’opération. Le cahier des charges devrait être arrêté en septembre et l’appel d’offres international serait lancé en octobre. La sélection des candidats serait réalisée au premier semestre 2016, histoire de laisser passer les élections régionales de 2015, pour un choix final au second semestre 2016. L’Etat, qui détient 60% du capital aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de Lyon (25%) et des collectivités locales (15%), pourrait céder la totalité de ses parts, contrairement à ce qu’il avait fait pour Toulouse. Mais selon toute vraisemblance, les conditions de sélection des candidats à l’appel d’offres devraient être plus restrictives que celles retenues pour l’aéroport de Toulouse, qui avait permis à un groupe chinois sans référence dans la gestion aéroportuaire, de l’emporter sur la seule base de la meilleur offre financière.

La compétition pourrait être réservée aux candidats ayant déjà une expérience dans la gestion dans un grand aéroport. Toutefois, compte tenu du montant de l’opération, qui devrait dépasser le milliard d’euros, il s’agira nécessairement de consortium associant un gestionnaire d’aéroport et des grands fonds d’infrastructures. De nombreux candidats sont déjà sur les rangs, parmi lesquels Aéroports de Paris, Vinci, la Caisse des dépôts (CDC), mais aussi l’aéroport de Genève, associé pour l’occasion au groupe bancaire BPCE (Banque Populaire-Caisses d’Epargne).

L’enjeu des liaisons internationales

Cette privatisation, destinée à renflouer les caisses de l’Etat, pourrait avoir de profondes conséquences sur la stratégie de l’aéroport,  définie dans le nouveau contrat de régulation économique pour la période 2015-2019. L’aéroport de Lyon, qui inclut également l’aéroport d’affaires de Bron, prévoit d’investir 362 millions d’euros sur cette période, notamment dans la construction d’un nouveau terminal 1. L’ambition affichée est de faire de Lyon la deuxième porte d’entrée aéroportuaire en France, après Roissy-CDG, en passant de 8,5 à 20 millions de passagers à l’horizon 2030.

Cependant, la réussite de cette stratégie dépendra de la volonté du gouvernement d’accorder de nouveaux droits de trafic internationaux au départ de Lyon, en dépit de l’opposition d’Air France. Pour l’heure, Emirates réclame toujours sans succès de pouvoir passer de 5 à 7 vols par semaine sur Dubaï. Et l’aéroport de Lyon se classe toujours au 47e rang européen en matière de trafic international, malgré d’indéniables atouts comme la gare TGV intégrée à l’aéroport et une zone d’activité dynamique.

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